vendredi 20 novembre 2009

Comment être riche!! ou en avoir l'air...

L'astuce est toute simple. C'est pourquoi il faut des comptables de haut niveau pour la complexifier. Elle est utilisée par votre municipalité et par vos gentils gouvernements.

D'abord, ramenons nous au noble objectif du Déficit zéro amené par Lucien Bouchard en 1996. Puis, le sujet peut se prendre sous plusieurs angles, comme l'impact sur notre système d'éducation ou celui de la santé. Premier indice : un exemple cité par Simon Boivin du journal Le Soleil "Pendant longtemps, le vérificateur a reproché aux politiciens de ne pas tenir compte des déficits des hôpitaux et des établissements scolaires dans ses chiffres. Québec a consenti en 2007 à revoir ses méthodes comptables pour les rendre plus fidèles à la réalité des finances publiques. Une mésentente tenace entre le ministère des Finances et le vérificateur sur la question du déficit cumulé du Québec ne semble pas vouloir s'éteindre."

J'arrive du congrès INFRA 2009 au Mont-Tremblant organisé par le centre d'expertise et de recherche en infrastructures urbaines (CERIU). Et oui, la vie est dure. En ce moment c'est une ville fantôme... pas de feuilles dans les arbres, pas de neige dans les pentes, pas de touristes dans le village, pas de boutiques d'ouvertes... seulement un resto ou deux pour se nourrir. Peu importe. L'idée me vient d'un échange intéressant entre élus et congressistes lors d'une des sessions. Sont présents, les maires Yves Lévesque de Trois-Rivières, Éric Forest de Rimouski et Bernard Généreux de Saint-Prime (et président de la Fédération Québécoise des Municipalités - FQM). Ils débattent sur plusieurs préoccupations de la centaine d'ingénieurs présents. Entre autres, le sous financement des infrastructures urbaines en lien avec la désuétude des réseaux routiers, d'aqueducs et d'égouts (deuxième indice).

Bien qu'à la mode en ce moment, car les investissements en infrastructures sont toujours les bienvenus par les gouvernements pour relancer une économie chancelante. La question est de savoir, est-ce suffisant pour assurer leur renouvellement? Sans entrer dans le détail aussi bien que pourrait le faire la Coalition pour le renouvellement des infrastructures du Québec, on évalue à plus d'un milliard (1 000 000 000$) par année, voir le double, le besoin annuel des 15 prochaines années.

Exemple: Votre maire fraîchement élu est le meilleur. Il a équilibré son budget pour l'an prochain et n'a pas augmenté vos taxes. De plus, il investi 6 millions de dollars dans vos égouts et aqueducs. Bravo. Cependant, pour en assurer le renouvellement, supposons que votre municipalité doit investir 10 millions de dollars dans ces égouts et aqueducs pour maintenir un niveau de service acceptable. Mais en tant que bon gestionnaire voulant équilibrer son budget, votre maire ne peut pas dépenser plus de 6 millions de dollars. Peu importe, vive le déficit zéro!! (Je sais. Ce n'est pas la même chose au provincial qu'au municipal. Mais le principe est le même si on veut avoir l'air riche.) Dans les faits, vous venez plutôt de vous appauvrir de 4 millions de dollars, mais heureusement, ce n'est pas des chiffres que l'on doit mettre dans le budget!! Ce qu'on ne sait pas ne fait pas mal. Imaginez le même stratagème année après année... Une opération comptable complexe, mais combien enrichissante.

Voici un extrait d'un mémoire de la Coalition de février 2007 "Ainsi, ce qu’il convient d’appeler le « déficit caché » d’entretien de nos infrastructures menace toujours directement notre productivité et notre niveau de vie. À terme, ce « déficit caché » est même potentiellement plus dommageable que le poids de la dette publique, car sa croissance est directement redevable au manque de fonds pour entretenir le capital investi par la société et évolue plus rapidement que la dette."

À quand l'inclusion des vrais chiffres dans l'évaluation du déficit? Comment conscientiser la population et les élus sur les argents à investir dans nos infrastructures si on exclu le déficit caché? Pour Jacques Parizeau, le déficit zéro n'est pas une religion...

Voilà le truc pour être riche... ou en avoir l'air : L'astuce est toute simple, dites à votre banquier que votre maison est flambant neuve de quelques années (bof, à peine âgée de 40 ans) et qui a rien à faire dessus (à part 300 000$ de réparations) et reportez vos travaux à dans quelques années... et pourquoi pas aux générations futures?

3 commentaires:

  1. J'ai pour mon dire que nous nous sommes enrichis à crédit dans les années 70 et 80. Ces infrastructures construites depuis 40 ans, nous n'avons jamais eu les moyens ni de les construire, ni de les entretenir. Aujourd'hui, ça tombe en ruine et on s'en plaint?

    Personnellement, je me prépare mentalement à accepter la décroissance imposée (faute de la gérer). J'ai vécu trois mois en Afrique avec des infrastructures inexistantes et m'y suis très bien habitués. Certes, il faut un minimum pour assurer la salubrité des villes et la protection de l'environnement, mais pour le reste il faudra que ça corresponde à nos moyens et nos moyens sont de plus en plus... moyens.

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  2. Effectivement. Par exemple dans les années 70 on croyait que la Ville de Québec aurait plus d'un million d'habitants en 2000, alors que nous sommes moins de 600 000. L'impact sur la vitalité économique doit s'en ressentir. L'entretien n'a jamais été inclus dans les budgets, à moins que ça tombe en ruine. Par contre, je crois qu'on peut faire un peu mieux que l'Afrique en budgétant les vrais chiffres. Même si nos moyens sont moyens... les vrais chiffres orienteront mieux nos dépenses en fonction de notre capacité de payer. Donc, des choix sociaux difficiles à faire en perspective.

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  3. Au début des années 70 le Canada est en situation de stagflation, donc le gouvernement décide de combattre le chômage avec une politique ficale et monétaire expensionniste, ce qui provoque un forte augmentation du taux d'inflation. Durant une récession le gouvernement peut envisager la politique monétaire, en diminuant les taux d'intérêt ce qui favorise la consommation et fait rouler l'économie ou bien choisir l'approche par les dépenses, qui font que le gouvernement s'endette pour augmenter la qualité de vie de sa population. Pouvons-nous en vouloir à nos gouvernements d'essayer de nous sortir d'une crise économique? La crise des années 30 a fait comprendre qu'en temps de récession trouvé un emploi allait être très difficile, c'est pourquoi l'assurance-chômage a été introduit en 1940, suivit des pensions de vieillesse en 1951. Ces programmes sociaux ont été mis en place durant la période de prospérité de 1940 à 1970. Depuis 1972, nous avons de la difficulté à financer ces programmes.

    La dette du Québec s'élève maintenant à plus de 212 milliards de dollars et augmente de 286 dollars chaque seconde. Le Québec n'a pas les moyens de continuer à ce rythme, nous n'avons pas les moyens d'offrir des garderies à 7$ par jour. Quelles sont les solutions ? Les droits de scolarités sont les plus faibles en Amérique du Nord et les étudiants protestent contre la hausse des frais de scolarité, mais les stationnements débordent de véhicules de l'année. Certains diront d'augmenter les tarifs d'Hydro-Québec, mais je suis contre cette idée, car encore une fois, c'est les contribuables les moins nantis qui vont en souffrir. Le gouvernement devrait augmenter les taxes sur les produits du tabac, de l'alcool et sur la malbouffe, de manière à augmenter les coffres du gouvernement tout en diminuant les cancers, les problèmes respiratoires, l'obésité, les récidivistes, ce qui permettrait de réduire les dépenses en santé.

    Si le Québec a connu une récession beaucoup plus faible qu'au États-Unis c'est dû aux dépenses gouvernementales(politique fiscale) au niveau de l'infrastructure. Le Québec n'est pas visionnaire et n'avait pas prévu une éventuelle récession, mais l'éffondrement du viaduc a accéléré le processus et nous a fait comprendre que nous devons investir plus d'argent dans les ponts et les routes car les infrastuctures sont désuètes.

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